Une chasse à l'homme, des trous de lapins, un Ghostface sur le retour, le train-train quotidien de Jake Gyllenhaal et ... le Diable lui-même ! Voilà le programme cinéma des 15 derniers jours.

P.S. : les critiques sont plus courtes que d'habitude pour cause de mariage princier -je déconne évidemment -.

 

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La Proie de Eric Valette. France. Distribution : Albert Dupontel, Alice Taglioni, Stéphane Debac, Sergi Lopez... Genre : Action, Thriller. Durée : 1h42. Sortie en salles le 13 avril 2011.

Après son excellent thriller politique Une Affaire d'Etat et quelques films d'horreur américains, Eric Valette revient au thriller avec La Proie, dans lequel un braqueur s'évade de prison pour poursuivre un tueur en série qui a kidnappé sa fille, les deux étant pourchassés par une Julie Lescaut sophistiquée. Ce pitch simpliste tient parfaitement à l'écran, notamment par un jeu sans faille de Dupontel dans le rôle d'un simple braqueur qui peut courir une journée avec une balle dans le ventre et sauter du troisième étage puis repartir pour une course sur les quais de gare ! Car le film cède facilement dans des invraisemblances et des facilités qui gâchent un peu la valeur d'un film qui, dans son ensemble, est très réussi. Nerveux, dynamique, violent sans négliger la psychologie des personnages, La Proie est un film complexe qui nous plonge dans des univers différents -la police, la vie d'un fugitif, la vie d'un tueur en série- qui finisse par se rejoindre dans un final émouvant, le tout avec une photographie crépusculaire magnifique. On finit même par oublier le jeu d'acteur de certains seconds rôles, trop en retrait, pour se laisser emporter dans cette chasse à l'homme frénétique et à la réalisation impeccable. Reste quelques questions sans réponses : pourquoi le tueur en série est-il un sosie de Jean-Luc Delarue ? Pourquoi les prisons de France sont-elles si peu surveillées ? Mais là je m'égare...

 

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Rabbit Hole de John Cameron Mitchell. USA. Distribution : Nicole Kidman, Aaron Eckhart, Dianne Wiest... Genre : Drame. Durée : 1h32. Sortie en salles le 13 avril 2011.

Becca (Nicole Kidman) et Howie (Aaron Eckhart) tentent tant bien que mal de redonner un sens à leur vie et de faire le deuil de le fils, décédé huit mois plus tôt. Rabbit Hole est un drame intimiste bien ficelé, et qui bénéficie d'une interprétation de grande qualité avec le duo Kidman - Eckhart, extrêmement crédible dans leur souffrance provoquée par le deuil. Dans un univers d'américains (très) riches, baignant dans le confort que leur apporte l'American Way of Life (suburb trop calme et propre, maison et jardin immense, salles de sport aménagées...), le duo parvient à émouvoir le spectateur de la plus belle façon, dans ses moments de détresse comme de joie - éphémères ceci-dit -. Reste que la musique peut facilement nous endormir, tellement les accords sont répétitifs et usant jusqu'à la corde. De plus la fin est une grande porte ouverte, qui pose de nouvelles questions, et semble un peu risible comparée au reste du long-métrage.

 

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Scream 4 de Wes Craven. USA. Distribution : David Arquette, Neve Campbell, Courteney Cox... Genre : Epouvante - horreur. Durée : 1h50. Sortie en salles le 13 avril 2011. 

Wes Craven est un mec cool. Il dynamite sa franchise Scream avec un troisième opus très oubliable, puis revient 10 ans après pour conclure sa trilogie en rayant Scream 3 des radars. Car Scream 4 se veut en fait être le troisième opus, tant il prend en compte les deux premiers dans un excellent jeu de miroirs référentiels. Ainsi impossible de ne pas se réjouir de revoir les acteurs d'antan revenir à Woodsboro, détourner les situations connues, critiquer la politique de remakes d'Hollywood, ou bien la qualité en baisse des films d'horreur actuels. Wes Craven et son scénariste Kevin Williamson se sont fait plaisir, et nous offre un film riche d'une réflexion adulte sur le cinéma en lui-même, n'hésitant pas à verser dans l'anachronisme -blackberry et youtube sont des éléments qui nourrissent le récit - de manière jubilatoire ! Ainsi le jeu de poupées russes n'en finit pas de nous prendre au dépourvu (le film dans le film dans le film ect...). Sur la forme, Scream 4 ressemble à s'y méprendre aux précédents, réalisation et photographie très 90's, pour notre plus grand bonheur. Bref une excellente surprise au final, même s'il serai peut-être temps de s'arrêter là pour cette saga.

 

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Devil de John Erick Dowdle. USA. Distribution : Chris Messina, Logan Marshall-Green, Jenny O'Hara... Genre : Epouvante-Horreur, Fantastique. Durée : 1h20. Sortie en salles le 20 avril 2011.

Sorti de l'esprit de M. Night Shyamalan, le script de Devil est d'une simplicité enfantine : cinq personnes qui ne se connaissent pas se retrouvent coincées dans un ascenseur en panne, et des évènements atroces commencent à se manifester. Comment ça c'est le même pitch que Blackout (2007) ? Oui sauf que dans Devil, et bien une des personnes n'est autre que ... le Diable ! Oui je sais, ce pauvre diable est maltraité aujourd'hui, se retrouver dans un ascenseur, franchement ! Devil est un film à voir un samedi soir avec des saucisses grillées et un pack de bières, et reste une série B pas si mal fichue mais rapidement ennuyante, sans parler du scénario digne d'obtenir le Prix du Scénar' Ecrit Avec Un Neurone (aka le PSEAUN).

 

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Source Code de Duncan Jones. USA, France. Distribution : Jake Gyllenhaal, Michelle Monaghan, Vera Farmiga... Genre : Science-fiction, Action. Durée : 1h33. Sortie en salles le 20 avril 2011.

Un soldat se retrouve enfermé dans une étrange boite dans laquelle il reçoit l'ordre de revenir dans le passé pour revivre les 8 dernières minutes précédant un attentat terroriste dans un train de banlieue et ainsi sauver des vies innocentes. Ayant fait ses preuves dans la science-fiction avec le sublime Moon, le fils de Mr Bowie nous lâche une nouvelle perle d'anticipation en pleine face. D'une photographie bleutée épurée au maximum, son film comble le spectateur par une tension palpable durant 1h30, sans temps morts. Pourtant assez complexes, les mécanismes du Source Code (technologie de pointe qui permet de revivre quelques instants du passé pour forcer le destin) se montrent tout à fait cohérents : ici on va à l'essentiel, et Jake Gyllenhaal est parfaitement taillé pour ce rôle. Ainsi lorsqu'il ne meurt pas pendant son "retour dans le passé", une réalité parallèle se forme, ce qui nous donne un rebondissement final bouleversant. On passe d'une scène d'explosion apocalyptique à une réflexion émouvante sur le sacrifice, le tout avec une réalisation exemplaire.  Une excellente surprise !