Sucker_Punch_Affiche_USA_5 Sucker Punch

 

 Sortie en salles le 30 mars 2011

 Réalisé par : Zack Snyder

 Avec : Emily Browning, Abbie Cornish, Scott Glenn...

 Film américain

 Genre : Charlie et ses drôles de dames jouent aux jeux vidéo

 Durée : 1h50

 

 

La critique de Haydenncia :

Zack Snyder a un style, une « patte » ; c’est évident depuis le film 300 et ses centaines de mâles en slip défendant leur honneur et leur liberté à coup de lances et de Salakis. Les couleurs, le grain, la lumière, tout est particulier chez Zack. Le problème, c’est qu’on ne construit pas un film sur son seul style, sur sa seule forme. Il faut une histoire, des personnages, un fond. Et Sucker Punch en manque cruellement.

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                    Tiens, voilà du boudin ! Voilà du boudin !

 

L’ « histoire » est celle de Babydoll (un prénom qui va revenir à la mode), jouée par Emily Browning, blondinette au visage slave, dont les pommettes saillantes et le visage poupin m’agaceront pendant tout le film, et qui, suite à la mort de ses parents, est envoyée de force dans un asile pour aliénés mentaux, à la Arkham. Et autant dire que niveau aliénés, on est bien loin de Shutter Island ou de La petite maison dans la prairie : si tous les « malades » peuplant nos bons hospices psychiatriques ressemblent aux délicieuses créatures du film, je me fais interner dès demain ! Sans trop dévoiler le film, on découvre ensuite que cet asile semble être aussi un bordel (!), dont le mac est l’affreux et moustachu Blue Jones, infirmier manipulateur à ses heures perdues, et où tous les gérants de l’hospice ont ici, comme lui, une nouvelle fonction (la plantureuse psychologue devient une plantureuse prof de danse ; le gardien devient le maire ; le beau-père tyrannique devient un prêtre ; la femme de ménage espagnole qui vide les poubelles reste la femme de ménage espagnole qui vide les poubelles...). Babydoll devient donc une prostituée. A cet instant du film, Bernard de la Villardière et son équipe de Enquête exclusive interviennent ; Bernard, la mèche parfaite, avançant dans les couloirs de l’asile, droit comme une saucisse congelée, se met à dénoncer les trop nombreuses « maisons de fous » qui abritent en fait d’effroyables réseaux de proxénètes. Il fallait que ça se sache ! Suite à quoi notre journaliste se bat contre une armée de phoques-tueurs en bikini, puis s’en va sur une mule qui chante du Luis Mariano, la mèche toujours impeccable. 

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           « Comment ça la télé ? Mais vous vous croyez où ?! »

 

Mais, je m’égare un peu... Revenons à nos moutons (vous avez des moutons ?) Pour survivre dans cet endroit malsain rempli de bombes sexuelles, notre jeune amie blonde comprend vite qu’elle doit danser pour ses clients, devenir go-go danseuse et ainsi, on la laissera tranquille. Ex-fan des sixties, petit Babydoll, se met donc à danser le rock’n roll... et aussitôt se retrouve propulsée dans un univers parallèle à l’esthétique nippone, où un vieillard maquillé (Scott Glenn), qu’elle croisera ensuite plusieurs fois dans le film, semble l’attendre. Il lui demande si elle est partante pour une partie de mikados... Non, je me trompe de film. Il lui remet des armes, elle se bat contre des robots-samouraïs, et de là germe en elle une idée fixe, encouragée par notre ami en toge : quitter cet asile et retrouver sa liberté, pour allez courir en pagne dans les bois, cueillir des pâquerettes au crépuscule et parler avec les sangliers. Revenant à elle et alors que son entourage est bluffé par sa danse, elle décide de préparer sa sortie, et s’entoure de quatre jeunes filles, toutes jolies évidemment (ma préférence va pour Roquette la grande gueule et son nom de salade, voire pour le cuisinier et ses plaques rouges...) mais dénouées de charisme et au jeu aussi vide que les dialogues du film. Pour retrouver la liberté, il leur faut cinq éléments : un plan, du feu, un couteau, une clé et le cinquième est un mystère. Personnellement, j’aurais rajouté une grenade, un bulldozer, une boîte de Tic-tac, un livre sur la Birmanie et un rat mort.

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                « Qu’est-ce que tu penses de ma nouvelle robe de chambre ? »

 

Mais, passons à la critique, voulez-vous.

Les scènes de combat sont visuellement bien foutues, mais au bout d’un moment, leur répétition lasse. Znyder utilise les méthodes habituelles employées dans ces films précédents (ralentis-accélérés ; suivi d’objets divers – cartouche, couteau, boule de pétanque... ; caméras virevoltantes), tendant vers le bourrin, et allant même jusqu’à copier sans honte Le Seigneur des Anneaux (rendez-leur leurs masques !) Les musiques qui accompagnent le film, soit s’intègrent bien, soit font tache dans leur côté midinettes : on a parfois l’impression de regarder MTV. Les passages séparant les scènes d’action sont chiants : telle actrice pleure, telle actrice pleure, et telle actrice pleure, et l’intrigue ne décolle pas. L’esthétique est jolie, mais légèrement arrogante – j’ai bien aimé les casques aux yeux rouges des soldats-nazis-zombies. Il faudrait les mêmes pour nos pompiers... Le méchant du film a le charisme d’une palourde neurasthénique. Scott Glenn se prend pour Charlie et ses drôles de dames et passe de sage himalayen à chauffeur de bus – les temps sont durs. Tranchées, vols de zeppelins, dragons forment un ballet invraisemblable, apocalyptique, épuisant et pénible. Finalement, la fin du film ne nous surprend pas plus que ça, frôlant même le ridicule. Au spectateur d’interpréter ce qu’il vient de voir (autant, entre nous, lui demander de préparer une thèse sur l’évolution du coût du sel au Burkina Faso dans les années 1760. Beaucoup plus simple...)

Bref, Zack Snyder semble avoir trop joué à la Playstation (on a d’ailleurs souvent envie de mettre start) et cette histoire d’Ouled Nails qui s’évadent, pour fuir leur triste condition, dans un monde virtuel fait de treillis et de sulfateuses, est emmerdante.

Note : chaise_cinema_g_11132chaise_cinema_g_111323chaise_cinema_g_1113chaise_cinema_g_1113chaise_cinema_g_1113

 

La critique de Dr. Gonzo : 

Je vais faire plus rapide que Haydenncia pour résumer Sucker Punch, car même si l'idée de descendre en flèche un film qui ne m'a pas plu m'envoûte (me déstresse ?), encore faut-il que le film en question ai un minimum d'intérêt. Or avec Sucker Punch, Zack Snyder atteind, selon moi, un sommet dans la négation des codes cinématographiques conventionnels. Dès la première scène j'ai compris que le bonhomme n'en avait que faire de souiller la musique en remixant des classiques (les Pixies, Brian Ferry, Jefferson Airplane... merci beaucoup Zack !) à la sauce Lady Gaga et autres play-backeuses qui branchent les djeun' décérébrés. Clairement, le film est destiné aux adolescents, même si l'histoire regorge finalement de sujets adultes (les abus sexuels...), traités ici de façon à combler les vides. Et des vides, mon dieu qu'il y en a... Après chaque scène de rêve (ou de cauchemar c'est selon le point de vue), on revient dans l'asile/bésodrome pour se faire chier pendant un bon quart d'heure. Les dialogues sont tellement prévisibles qu'on serait tenté de faire avance-rapide, soit l'inverse de Zack Snyder pendant les scènes de fight. 

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 ♪ Je met le bras derrière, je met la jambe devant ♪ 

Avec les scènes de rêve justement, Zack Snyder confond hommage et pillage. Le réalisateur pique un peu partout des plans entiers (Onimusha, Call Of Duty, Le Seigneur Des Anneaux, Shrek, Ghost of Mars...) pour les intégrer dans son film sans cohérence. Avec une actrice principale ressemblant vaguement à Adriana Karembeu un peu plus jeune, on a un peu de mal à accrocher aux scènes d'action, pour la plupart cafouilleuses. Seule la scène avec les nazis zombies tire son épingle du jeu, et se révèle réellement jouissive. Le reste n'est une invitation à se rendre chez l'ophtalmo le plus proche (la scène du train fait passer Michael Bay pour du Claude Lellouch, en terme d'illisibilité).


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Bras écartés, menton abaissé et lèvres crispées : pas de doute, il n'est pas content

J'arrête ma critique là parce que je pense avoir été assez clair. Et comme le dit la première phrase du synopsis : "Fermez les yeux" devant Sucker Punch, ça vaut mieux.

Note : chaise_cinema_g_11132chaise_cinema_g_1113chaise_cinema_g_1113chaise_cinema_g_1113chaise_cinema_g_1113